J'ai souvent pensé de façon binaire pour me simplifier la vie. Ce genre d'assertions a donc tendance à me dépasser un peu. Dans mon petit monde bien rangé, soit on a envie d'un truc et on le fait ; soit on ne le fait pas, et c'est qu'en fait on en avait pas tellement envie. Je caricature évidemment, je sais que les choses ne sont pas toujours si simples, mais voilà quand même mon mode de fonctionnement "habituel" sur lequel je reviens pourtant de plus en plus.
Notamment lorsque Timo, qui est à l'origine de cette phrase, me raconte ses déboires amoureux. J'ai tendance à m'en plaindre, mais en voilà un dont je n'envie pas la place. Après s'être fait lourder comme une merde, baisé comme une merde, ignoré comme une merde, et presque violé par un connard bourré, je comprends ses réticences ; bien que ce soit presque notre lot à tous.
Quand je raconte mes états d'âme autour de moi, je dois tellement gaver qu'on me dit simplement d'arrêter de rencontrer. Je plaisante, je sais bien que mes amis me disent cela parce qu'ils me voient en surchauffe. Certaines personnes deviennent dépressives à force de surmenage professionnel, moi je commence à me rendre compte que je frôle le burnout de la rencontre sentimentale. Des dizaines d'heures de tchat, une trentaine de rencontres en une dizaine de mois (c'est vraiment beaucoup-beaucoup ? :) ) pour finalement perdre complètement mes repères, puisque je me saoule moi-même des défauts que je leur trouve systématiquement, tous ces prétextes fallacieux n'arrivent même plus à me convaincre. Je commence à ne plus distinguer le vrai du faux, je suis un peu paumé.
A côté de ça, je reste fermement accroché à l'idée qu'il me faut quelqu'un. Alors que jusqu'à il y a peu de temps, je militais fermement pour l'"auto-réalisation" au maximum : arriver à s'épanouir seul et pour soi-même, sans cette ignoble dépendance à l'autre ; que ce soit un/une chéri, un enfant ou tout autre "significant other". Je n'avais d'ailleurs jamais ressenti ce besoin avant ma relation avec Balthazar. J'ai pourtant été amoureux avant et après lui, mais l'objectif de construire et de programmer un avenir à deux est devenu une entité indispensable une fois que j'y ai eu goûté.
J'aime le répéter : je ne voudrais le récupérer à aucun prix. C'était juste un sale prétentieux qui prenait tout le monde de haut, ne supportait pas la critique, qu'on lui résiste ou qu'on soit mieux que lui. Tout ceci explique facilement sa rupture. Mais si j'en parle si souvent, c'est qu'en se cassant comme un sale bâtard, Balthazard est parti avec un morceau de moi entre les crocs (pas forcement celui qui construit à deux tout ça, autre chose que je n'identifie pas trop). Je commence à me dire que je reproche simplement à tous les mecs que je rencontre de ne pas se présenter naturellement à moi avec ce bout de quelque chose pour me le recoller au bon endroit.
Encore à côté de cela, je flashe "bêtement" sur le premier venu. Des mecs encore plus virtuels finalement que ceux du net, puisque simplement croisés au détour d'une rue l'espace de quelques secondes. Pas un mot échangé, pas la moindre information sur eux, mais certains arrivent à m'obséder plusieurs jours. Mais ils sont où ces mecs le reste du temps ?
J'ai atteint le summum hier.
J'ai l'épouvantable habitude de mettre des notes. 14-15/20 c'est déjà pas mal, ensuite on peut sporadiquement se hisser à 18/18.5, sachant que dans mon esprit le 20/20 serait une espèce d'ange tombé du ciel qui n'existe que sur les couvertures de certains magazines, et qui n'est absolument pas pour moi.
Hier donc, j'ai croisé mister 25/20. Je pensais même pas qu'il existait, et comme le gros couillon que je suis je l'ai laissé filer. Maintenant que je sais qu'il existe je suis malheureux de savoir que je trouverai forcement les autres moins bien. Il atteint cette note aberrante non pas du fait d'une perfection absolue, mais d'une perfection absolue -pour moi-. Pas lisse comme sur un magazine, pas inabordable comme une star de ciné. Je me verrais juste avec, et je n'y trouverais rien à jeter.
Un grand mal rasé musculeux, bien carré sans être gras.
Viril mais vraisemblablement gay.
Un poil trashy mais en restant propre sur lui.
Des yeux bleus gris capables de faire fondre ou regeler l'arctique à volonté.
Un visage, un torse, un sourire, un cul, des mollets tout comme j'aime.
Un style de fringues absolument parfait, ni trop ni pas assez.
"De sa démarche nonchalante avec ses écouteurs vissés sur les oreilles, il faisait flotter au vent chaud de ce dimanche de juillet ce splendide short vert et son polo rayé sur ses formes parfaites :) des converses beige-clair soulignaient le galbe divin de ses mollets d'athlète" (si tu te reconnais... tiens, et si je participais, à ce concours ? Histoire de donner de la visibilité à ce post...)
Bordel, IL existe.
J'attendais un pote en début d'après-midi, en faisant des allées et venues rue des archives, IL vient dans ma direction pour rentrer dans le starbucks, et je l'attends à la sortie pour vérifier que je ne nageais pas en plein délire. Ah ben si, IL est réél et toutes mes impressions se confirment. Mais voilà, je reste coi, je reste bête, je reste con, sans savoir quoi faire.
Pourtant, j'ai eu le temps de sa commande de café pour y penser, mais rien de valable n'est alors sorti de mon esprit malade. "Whaou, en 0.5 secondes, j'ai vu que tu etais l'homme idéal, tu viens boire un verre ?". Nan hein ?
Là je suis en train de chercher une machine à voyager dans le temps sur Ebay, et si j'en trouve une, promis, j'aurais quelque chose à lui dire. Je peux aussi esperer le recroiser un jour, mais je ferais aussi bien d'aller jouer au loto. Et somme toute, rationnellement, qu'est ce qui me dit que c'est pas un connard ou un débile profond ? Et s'il est maqué ? Et s'il est etranger ? J'ai beau essayer de rationnaliser dans ce sens, ca ne m'aide pas à ne plus y penser.
Je m'en veux donc de n'avoir pas su réagir.
Je m'en veux aussi d'en faire tout un plat, car finalement il n'est rien.
Je m'en veux d'être aussi dépendant de critères physiques débiles, alors que je sais que ce n'est pas important.
Je m'en veux de m'en vouloir pour tout ca, car au final est-ce important ?
Je m'en veux d'être aussi misérable et ridicule.
Et pourtant, je sens qu'il ne va pas me lâcher d'aussi tôt.
lundi 23 juillet 2007
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20 commentaires:
"bien que ce soit"
et pas soir...
pff
(puis faut pas oublier que les anges sont asexués...)
Je suis sur que ton 25/20 correspond a mon idéal physique aussi ;-)! et on doit être nombreux dans ce cas la...
c'est étrange comment j'aurais pu écrire exactement le même post sur cette impression de surchauffe...
lapin > il y avait deux eutres fautes que tu n'as pas vues mais je les ai corrigées
eltan > tu arrêtes toi aussi ? pour la description du mec, oui je pense qu'il pourrait convenir à bcp de monde, mais ma description reste générale...
"au vent chaud de ce dimanche de juillet" ? Où ça ? Où ça ? ;-)
Nico> oui bien sur, je n'arrete pas d'arreter! ;-)
Et il ne t'a pas regardé ? il avait quoi dans les yeux ???
laurent > tu veux dire que la méteo te contrarie et que tu cherches où se trouev le vent chaud de juillet ? Dimanche il a fait relativement beau !
eltan > courage :)
teepee > bonne question, mais tu vas te dénoncer oui ? :)
si si je les avais vues, mais que veux-tu je ne voulais pas être encore plus chiante, tout ça tout ça...
qui sait, peut être nous sommes nous croisés virtuellement et tu ne m'as pas dit bonjour ;-)
Je ne vois qu’une seule chose à faire : Imprimer de petits « Wanted » et les distribuer autour du Starbucks…
Chondre > seul un grand malade pourrait faire des trucs pareils, naaaaaaan ?
(hin-hin-hin)
lapin > mains non, dis pas ca, tu peux pas être plus chiante :)
eltan > peut être même que j'ai cliqué sur "y'a pas moyen" ;)
chondre > c'est "avis de recherche" qu'il y a écrit dessus, on mettra Wanted sur la prochaine vague si tu veux :)
David > On ne les a pas distribués, on les as juste collés dans tout le marais :)
Oué, faut traduire dans toutes les langues... si ça tombe il est tchèque .
Ouiiiiii...
Un avis de recherche en esperanto de 4 mètres sur 3 face au Starbucks!
chondre > ou sur les blogs de mes amis :)
nico> tout est possible, je pourrais prendre mon café au starbucks aussi ;-)
Depuis quand y a une backroom dans le starbucks ? Pourquoi on me dit jamais rien ?
Ah, j'ai trouvé pire "Carrie Bradshaw" que moi...
Bon courage pour la chasse de ton monsieur 25/20. Je te souhaite sincèrement de le retrouver et de surmonter tout ce qui viendra ensuite.
L'amour est difficile.
Et ça n'est pas parce que l'on est seul, que l'on est incomplet.
(-;
Tu devrais lancer une asso de gay en surchauffe de rencontres non satisfaisantes... tu aurais bcp d'adhérents (dont moi bien évidemment !)
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