Le quartier des halles a cette singularité de permettre a deux populations "en marge" et qui n'ont surtout rien en commun ni rien pour s'entendre : les racailles, du fait de la proximité de l'ensemble des RER d'Ile-de-France et les pédés du fait de la proximité du marais.
La plupart du temps, ils ne font que se croiser lorsque les uns vont du macdo au magasin gstar pour dépenser l'argent de la drogue et que les autres sortent de la piscine pour aller à la fnac dépenser l'argent de leur salaire de cadre.
Mais il est un endroit où ils se rencontrent : l'UGC ciné cité. La racaille a sa carte pour voir tous les bluckbuster à moindre coût et tuer le temps. Le pédé cinéphile aime voir tous les films en VO avant d'aller boire un thé rue Montorgueil.
Ce jour là je pensais échapper à des voisins qui rient trop fort coups de "sa mère la pute" ou qui lancent du popcorn en allant voir le dernier Wong Kar Wai. Mais il en est qui se perdent parfois, soit parce qu'ils ont loupé leur séance, soit parce qu'ils ont déjà tout vu. C'est certainement comme ça que je me suis retrouvé à côté de cette Beverly et de son mec.
Wolfgang Köhler, psychologue allemand et l'un des fondateurs de la psychologie de la forme. L'un des résultats les plus connus de Köhler est sa description du phénomène d’insight dans la résolution de problèmes chez le chimpanzé. Köhler décrit comment l’animal s’arrête après plusieurs essais infructueux puis semble découvrir subitement une solution nouvelle par la réorganisation des éléments du problème.
Cette analyse s'oppose frontalement à l'idée de l’apprentissage par renforcement prôné par les béhavioristes comme un principe suffisant pour rendre compte de l'ensemble des conduites humaines ou animales. L’existence de l’insight empêche en effet de réduire la résolution de problèmes au conditionnement.
A l'opposé, donc, le behaviorisme est une approche de la psychologie à travers l'étude des interactions de l'individu avec le milieu qui se concentre sur l'étude du comportement observable et du rôle de l'environnement en tant que déterminant du comportement.
Par exemple, l'apprentissage y est expliqué comme une modification du comportement observable ou non, modification résultant de la conséquence d’une réponse à des stimuli, extérieurs (environnement externe) ou à des stimuli intérieurs (environnement interne), sur l'organisme.
La première approche rend évidemment compte d'un mode de pensée plus évolué que le second.
Ce qui est surprenant c'est que quand j'observe mon chaton de 8 moins incapable de se lécher en raison de sa collerette post-operatoire, trouver comment se nettoyer les fesses en se frottant contre mon tapis de bain, je me dis qu'il fait preuve d'insight. Alors qu'à l'opposé quand je regardais ma voisine de cinéma, Beverly de la courneuve dans ses botasses blanches sur son jean slim à franges, alterner entre rires spasmodiques et larmes à grandes eaux, parler à voix haute à son mec comme s'ils étaient dans leur salon, puis m'agresser quand je le lui fais remarquer, je me dis que les espèces et les membres de ces espèces n'évoluent pas toutes à la même vitesse. Un stimulus entraîne une réaction chez Beverly, j'ai presque eu envie de lui lancer un bâton pour voir si elle irait le chercher.
C'est pas une question de banlieue. C'est pas non plus l'hystérie inhérente à la condition féminine. Ce n'est pas uniquement parce qu'ils sont dans un climat où ils sont obligés de défendre en permanence où qu'ils ressentent une profonde injustice sociale qu'ils nous bouffent la gueule à la moindre occasion ou qu'ils brûlent des voitures. J'ai un peu du mal à croire à un réel sentiment "motivé" de révolte quand je vois des casseurs défoncer des vitrines. Pour moi l'explication est tristement plus simple : c'est le manque de culture qui entraîne la violence. Culture ou éducation au sens large qui fait qu'ils n'ont pas les outils ou parfois même le vocabulaire pour identifier, intégrer et gérer une émotion. Le vide cosmique entre les oreilles de cette jeune fille m'a donné le vertige et m'a fait peur comme un pitt bull sans muselière.
lundi 31 décembre 2007
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8 commentaires:
tout a fait d'accord, la culture et l'éducation est bien la clé, sus à la bétise!
T'aurais pu aussi lui balancer un bâton dans la gueule voir si elle allait la ramener après, ça m'aurait pas dérangé outre mesure :))
Je ne comprends pas qu'on puisse aller au cinéma après être allé à la piscine : moi j'ai de l'eau plein des oreilles et j'entends pas les dialogues de mes voisins.
De toute manière, je ne vais ni au cinéma ni à la piscine.
Tu ne m'as jamais emmené boire un thé rue Montorgueil :(
Tu as raison sur presque tout, et en particulier sur le pitt bull. Mais nous savons tous que ce ne sont pas les lumpen pris quasi-consciemment d'une furie aussi destructrice que grégaire qui sont les plus dangereux. Révolution est précisément le contraire de révolte" écrivait le vieil Hugo.
Si j'étais un tenant de la conservation du système actuel, je tremblerai peu à la vue d'un pitt bull qui aboie. Après tout il est dans son rôle, et c'est très rassurant. Mettez-lui un uniforme, et le lumpen devient le bras armé du régime. Les déclassés, voici les pires révolutionnaires, les plus dangereux, les plus séditieux, les plus opiniâtres, l'avant-garde en action.
le PDCINEPHAGE n'a qu'à aller au MK2 !
eltan > en même temps c'est comme les pauvres, il en faut pour qu'il y ait des riches ;)
oli > ca m'a demangé !
spicy > ben tu fais quoi ?
chondre > on ira samedi avant le ciné si tu veux :)
borg > son role ???
nono > les salles sont nazes !
Amis des clichés, bonjour...
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